Région de Mývatn

Voir la galerie photos

Jour 6, Région volcanique de Mývatn

06 Septembre 2013

Journée chargée aujourd’hui, avec la découverte des nombreux sites d’intérêts autour du lac Mývatn . L’avantage est que le  cottage  n’est qu’à 40 minutes du lac et que les sites sont concentrés dans une zone restreinte. C’est donc la première journée allégée en voiture du voyage mais avec beaucoup de marche à pieds !

Les environs du lac Mývatn  sont sans conteste le joyau de la région pour celui à la recherche des traces de l’activité volcanique du pays : châteaux de lave, cratères volcaniques, fissures, fumerolles, marmites de boue et champs de lave… Plusieurs phases d’activités volcaniques créèrent aux cours des siècles le paysage irréel qu’on y observe aujourd’hui.

Panorama sur le lac Mývatn de Kálfaströnd

La route faisant le tour des 37 km² du lac permet d’accéder facilement à l’ensemble des points d’intérêts. Premiers courts arrêts à Kálfaströnd , qui permet d’avoir de jolis points de vue sur le lac et ses chapelets d’îlots, puis à Höfdi, un promontoire boisé d’où l’on observe des piliers de lave, appelés klasar. Situé sur la dorsale médio-atlantique, le lac Mývatn  fut créé durant le second cycle d’éruptions de la région, il y a plus de 2300 ans. Les coulées de lave coupèrent le lit d’une rivière, formant ainsi un barrage naturel à l’eau et constituant les rives actuelles du lac. Classé réserve naturelle depuis 1974, le lac Mývatn présente également un écosystème riche. Ses rives sont propices à l’observation des 55 espèces d’oiseaux qui se régalent des nuées d’insectes présents, d’où le nom du lac, le « lac des moucherons ».

Direction ensuite le site de Dimmuborgir , spectaculaire champ de lave avec notamment les célèbres « châteaux de lave ». Plusieurs sentiers balisés parcourent les 2 km du site. Attirant de nombreux touristes, il s’agit plutôt de chemins aménagés pour toute la famille, seul le sentier traversant la zone est considéré comme « moins accessible ». En avant pour une petite randonnée d’1h30, en faisant le tour du site, à la découverte des points d’intérêts géologiques puis en revenant par le sentier central.

Piliers de lave de HöfdiDimmuborgir
Arche de Gatklettur à DimmuborgirL'église de Dimmuborgir

Le paysage est complètement hallucinant, composé de grandes aiguilles de lave, d’arches gigantesques et de grottes. Hallarflöt est une zone herbeuse entourée de grandes formations rocheuses surmontées de cheminées de lave. Plus loin, Gatklettur est une impressionnante arche basaltique sous laquelle passe le chemin de randonnée menant au cratère Hverfjall . Kirkja, « l’église », est la formation le plus célèbre : une arche surplombée d’un dôme de lave. Le sentier central traverse une zone chaotique où failles et grottes se succèdent.

Le basalte est très friable et sensible, et le site abonde de fissures dangereuses, il est donc interdit de quitter les sentiers balisés. Dimmuborgir  est d’autant plus impressionnant lorsqu’on apprend qu’il n’existe pas d’autres endroits comparables dans le monde, excepté au large des côtes du Mexique. À l’origine, des coulées de lave en provenance des cratères de Þrengslaborgir et de Lùdentsborgir se transformèrent en un lac de lave bouillonnant au contact de la zone humide de Dimmuborgir. Des échappements de vapeur créèrent des cheminées de lave tandis que la surface se durcissait. Après écoulement du magma des couches inférieures, la surface s’effondra mais les piliers de lave résistèrent, créant ainsi des « châteaux de lave ».

Après cette première balade, le prochain arrêt de la journée se fait un peu plus loin sur la route n°1, au pied du Hverfjall  pour une petite randonnée d’environ une heure. Ce stratovolcan, haut de 250 mètres et vieux de 2500 ans, domine la rive Est du lac Mývatn . L’ascension se fait en une trentaine de minutes, par une pente raide où cailloux et cendre se mêlent… Le chemin au Nord du volcan est plus aisé que celui au Sud, en provenance de Dimmuborgir , bien que ce jour-là, le vent était violent et soulevait des nuages de cendre, ce qui ne facilitait pas la progression…

Son aspect conique recouvert de cendre noire et vierge de toute végétation est assez atypique et permet difficilement d’estimer sa taille. Seules les silhouettes des randonneurs situées de l’autre côté du cratère permettent de réaliser sa grandeur (environ 5 km pour faire le tour). Au centre du cratère, le trou béant crée par une unique explosion, provoquée par le contact de la lave avec l’eau souterraine, est stupéfiant. Le panorama sur les alentours est également superbe et englobe le lac Mývatn avec le mont Vindbelgjárfjall de l’autre côté de la rive,  Dimmuborgir  au Sud ainsi que la succession de cratères du Lùdentsborgir, puis la zone géothermique de Hverir  au Nord-Est, au pied du mont Námafjall .

Cratère du Hverfjall

Panorama sur le lac Mývatn du Hverfjall

Faille de GrjótagjáGrjótagjá

De retour au parking au pied du Hverfjall , un sentier de randonnée continue jusqu’aux grottes de Grjótagjá  et Stóragjá. Il est donc possible, depuis Dimmuborgir d’entreprendre une randonnée à la journée pour visiter les trois sites, Dimmuborgir, Hverfjall et Grjótagjá. Néanmoins, le planning étant chargé, nous rejoignons la grotte de Grjótagjá par la piste accessible en voiture. Le lieu attire beaucoup de monde, il sera donc temps de profiter d’une pause pique-nique pour laisser passer la foule.

Situées sur une longue crevasse, Grjótagjá  et Stóragjá sont deux grottes inondées qui ont été créé par d’anciennes poches de gaz formées sous une coulée de lave. En grimpant sur la roche, on aperçoit l’impressionnante faille qui balafre le paysage jusqu’au mont Hverfjall . En dessous, les grottes sont visitables mais des panneaux précisent que la zone est instable, que les chutes de pierres sont fréquentes et dangereuses et qu’il est déconseillé de s’y baigner. En effet, il était autrefois possible de se baigner dans la source de Stóragjá mais des bactéries l’ont rendu impropre et sa température a baissé à 29°C. La source de Grjótagjá atteint quant à elle 50°C et est magnifique avec son eau bleutée illuminée par quelques rayons de soleil filtrant à travers les rochers…

Dépôt de souffre à Hverir

La journée se poursuit vers l’impressionnant site géothermique de Hverir , situé au Nord-Est du lac Mývatn et surplombé par l’étonnant mont ocre Námafjall . La route longe le bassin aux eaux laiteuses de l’usine géothermique de Bjarnarflag avant de passer le petit col de Námaskarð puis de redescendre ensuite dans une plaine aux couleurs irréelles : l’herbe verte fluo tapisse le sol à gauche de la route tandis qu’à droite apparaît un sol orangé et gris d’où s’échappent des fumerolles.

Arrivé à Hverir , ce qui surprend immédiatement est l’odeur d’œufs pourris, assez violente et beaucoup plus intense qu’à Hveravellir. C’est parti pour une randonnée d’une heure et demie au pied du mont Námafjall , déambulant entre les solfatares et les marmites de boue, sur un sol recouvert de souffre, avant d’attaquer l’ascension du mont Námafjall. Les couleurs sont comme saturées, l’orange-jaune du souffre est intense, le bleu est turquoise, le vert de la végétation est fluo ! On sent que l’activité souterraine est proche, c’est impressionnant ! La couche terrestre est particulièrement fine dans la région. Les bassins bouillonnants sont couverts de vapeur d’eau et de grosses bulles grises explosent à la surface des marmites de boues… Certaines zones sont éteintes mais il reste encore les nombreux dépôts de minéraux.

Site géothermique de Hverir Fumerolle à Hverir
Vue Sud du Námafjall Vue Nord-Ouest du Námafjall

Le site de Hverir  en lui-même est plutôt petit mais des sentiers en direction du Námafjall  permettent de prolonger la visite. Un panneau indique notamment que le sentier au Sud du site est très pentu et dangereux par temps de pluie. Quelle chance, il fait beau ! La pente est effectivement très raide, les cailloux glissent sous les chaussures et avec mon équilibre précaire, certains passages sont réalisés plutôt à quatre pattes que sur mes deux pieds !!

La montagne est pellée, recouverte de sable et de cailloux ocre. Un promontoire rocheux donne l’impression de se trouver en plein Far West américain. Au sommet du Námafjall, le sentier longe la crête, s’étirant entièrement sur la dorsale médio-atlantique, et on découvre d’autres solfatares et fumerolles ainsi qu’une table panoramique. À l’Ouest, le mont Bjarnarflag coupe la vue sur l’horizon, alors qu’au Nord s’étire une autre crête colorée, le Dalfjall. Le panorama sur la plaine à l’Est est époustouflant avec au premier plan le site coloré d’orange et de vert de Hverir, comme perforé, d’où s’échappent des fumerolles blanches, tandis qu’au loin, la cendre et la lave noire dessinent un paysage boursouflé de pseudo-cratères… On se croirait sur une autre planète. Seule la route asphaltée se perdant à l’horizon nous ramène à la civilisation.

Après cette balade bien dépaysante, direction le Nord du lac Mývatn, par la route 863, vers la zone volcanique active de Krafla , l’une des régions volcaniques les plus actives de l’Islande. Elle correspond à la dernière zone d’activité autour du lac Mývatn, cela débuta par des éruptions en 1724-1729 suivies par celles de 1975-1984, les célèbres « feux de Krafla ». Le volcan Krafla  est assez singulier car il est composé d’un ensemble de fissures s’étendant sur une dizaine de kilomètres. Son point culminant est à 818 mètres à l’Est du lac  Víti  et la chambre magmatique est à moins de 3 km de profondeur ! Elle fut atteinte à 2,1 km de profondeur en 2009 lors d’un forage géothermique.

La route 863 longe la station géothermique de Kröflustöð qui s’y est installée en 1973 puis débouche sur un plateau où s’étend à gauche un immense champ de lave noire et à droite le Krafla  et le lac Víti . Celui-ci est un cratère d’explosion formé en 1724 qui s’est rempli d’une eau bleue turquoise magnifique, du fait de la présence d’algues siliceuse. Il est possible d’en faire le tour et de bénéficier d’un panorama embrassant le champ de lave de Krafla, qui s’étend à perte de vue. À l’Est du lac, les bâtiments de la station géothermique émergent, telles des infrastructures spatiales avec ses dômes et ses conduites de gaz, au milieu des dépôts de souffre et des marmites de boues.

Lac VítiStation géothermique prés de Víti
Coulée de lave de LeirhnjúkurFumerolles s'échappant de la lave à Leirhnjúkur

En revenant sur nos pas sur la route 863, un autre parking marque le départ des randonnées dans le champ de lave de Krafla, au pied du cratère orangé Leirhnjúkur . Comptez entre 1h30 à 2h pour le tour du site sur le chemin aménagé et balisé le plus prisé. Les éruptions du Leirhnjúkur furent parmi les plus violentes de Krafla. Formé à partir d’une fissure en 1727, le Leirhnjúkur, situé au centre de la caldeira de Krafla, cracha de la lave et des débris en fusion pendant deux ans !

À partir du parking, la randonnée commence par traverser un paysage vert de thufurs (ces buttes gazonnées façonnées par le gel et le dégel) avant d’approcher les coulées de lave : les plus anciennes sont grises tandis que les plus récentes sont d’un noir profond. Des fumerolles s’échappent ici et là des nombreuses fissures, on aperçoit des cônes de scories, des cratères, des coulées de lave lisses sur lesquelles on distingue encore les plissures de l’avancée de la lave, des tunnels de lave… Il est bien entendu dangereux de quitter le chemin et de se risquer sur le champ de lave (effondrement, fissure, instabilité du sol etc.). Les fumerolles éclairées par le soleil couchant créent une ambiance fantasmagorique, on se croirait en plein milieu du Mordor.

Vue du Leirhnjúkur sur Hófur

Un point de vue au sommet du Leirhnjúkur permet de se rendre compte de l’immensité de la coulée de lave des éruptions de 1975-1984, qui s’étend, noire, à perte de vue : longue de 19 km, elle atteint par endroit 8 mètres d’épaisseur. Après avoir dépassé le cratère de cendre conique de Hófur, la boucle de la randonnée revient vers le parking et se termine par la zone sulfureuse du Leirhnjúkur, offrant un contraste saisissant entre la terre ocre-jaune-orangée et la lave noire. Une passerelle en bois traverse un sol brûlant où fumerolles et bassins d’eau aux couleurs laiteuses se côtoient.

Après cette journée surréaliste, à la rencontre des manifestations volcanologiques plus impressionnantes les unes que les autres, et après avoir, au final, beaucoup marché, nous sommes à la fois sonnés et fatigués… Un moment détente au Mývatn Nature Bath  est alors très appréciable ! Cette source d’eau chaude naturelle de 36 à 41°C est très appréciée autant par les touristes que par les Islandais. Plus petit que le Blue Lagoon, elle n’en n’est pas moins agréable, avec ses différents bassins, une vue imprenable sur le lac Mývatn et des bains de vapeur naturels. Ouvert jusqu’à 22h en Septembre, on bénéficie même d’un petit bain nocturne. Les courants sont toutefois aléatoires et le bassin du fond est assez froid…

Source d'eau chaude de LeirhnjúkurMývatn Nature Bath

A propos de AuBoutDeLaRoute

Sophie, blogueuse voyage depuis 2013. Aime écrire et partager ses expériences, ses rencontres et ses coups de cœur. Privilégie les voyages nature et découverte, mêlant randonnée et autres sports outdoor, patrimoine et visite culturelle. Passionnée d'histoire et d'archéologie et accro aux pays nordiques et celtiques.
Avec mots-clefs , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , .Lien pour marque-pages : permalien.

Donnez nous votre avis :

  • WordPress
  • Facebook
  • Google Plus

Laissez-nous un commentaire