Bath, la georgienne

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Jour 3, Bath, la ville nouvelle georgienne

10 Mai 2013

Après la visite des thermes romains   et la découverte de l’ancienne cité romaine, Aquae Sulis, la journée continue par une petite balade dans les rues de la ville, à la découverte des lieux architecturaux emblématiques de Bath. Le parcours conduit le visiteur sur les traces historiques de la ville nouvelle et en vogue de Ralph Allen…

Depuis son glorieux passé romain, la ville de Bath était quelque peu tombée dans l’oubli et les barons Normands la ruinèrent petit à petit. En 1088, Jean de Tours, un médecin royal du roi Guillaume II d’Angleterre, racheta Bath, développa le prieuré existant et y devint évêque. Avec la richesse dégagée, il construisit une abbaye beaucoup plus grande ainsi que des bains supplémentaires. L’abbaye  actuelle de Bath, située juste à côté des  thermes romains , a été restauré en 1830.

Bath devint prospère grâce à son négoce de laine et ses thermes mais ce n’est qu’à partir du 18e siècle qu’elle acquit une renommée nationale. À la fin du 17e siècle, l’aristocratie anglaise afflue à Bath, attirée par les propriétés curatives des eaux thermales de la ville. Pour faire face à la croissance de la population, Ralph Allen, un riche entrepreneur, décide d’acquérir et d’exploiter les carrières de pierres de Claverton et Combe Down afin de créer une ville nouvelle. Ce sont, entre autres, les architectes John Wood l’Ainé et John Wood le Jeune qui bâtirent la cité néo-classique que l’on découvre aujourd’hui et qui lui vaut d’être inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. La spécificité de cette ville vient dans son unité architecturale, tant dans l’utilisation constante de la pierre de Bath, qui donne cette couleur or-miel aux bâtiments, que dans la ligne directrice d’une architecture néo-classique que l’on retrouve dans tout le centre-ville.

Abbaye de Bath

Abbaye de Bath

Pulteney Bridge au-dessus de l'Avon
The Circus

The Circus

Nos pas nous conduisent ensuite derrière l’abbaye, le long de la rivière Avon jusqu’à Argyll Street. Le Pulteney Bridge , un joli pont romantique du 18e siècle bordé de petites boutiques, enjambe la rivière… Au fil des rues, on découvre une ville harmonieuse et homogène s’intégrant parfaitement dans l’environnement.

La place  The Circus est un des exemples de ce concept urbain. Il s’agit d’un projet de John Wood l’Ainé qui malheureusement ne le verra  pas terminé puisqu’il commença en 1754, seulement trois mois avant sa mort, et fut achevé en 1768. Composée de trois bâtiments courbés aux façades identiques, cette place circulaire est accessible par trois rues équidistantes. John Wood l’Ainé s’est inspiré du Colisée romain mais à l’instar de celui-ci qui doit être vu depuis l’extérieur, The Circus a été conçu pour être vu de l’intérieur. Il fut également fortement inspiré par le druidisme et la franc-maçonnerie dans ses travaux. On retrouve en effet plusieurs références à la franc-maçonnerie et certains pensent, de ce fait, qu’il en était membre. Ici, des symboles franc maçon sont visibles sur la frise décorant les façades du Circus (notamment un compas) et, vue du ciel, la position de la place avec Queen Square et Gay Street ressemble étrangement à une clé…

Royal Crescent

On rejoint ensuite le Royal Crescent , cet ensemble résidentiel constitué de 30 maisons mitoyennes disposées en croissant, devenu l’emblème de Bath. Il est ouvert face au Royal Victoria Park  et illustre parfaitement l’intégration de l’architecture néo-classique dans le cadre paysager. On trouve également le musée N°1 Royal Crescent  consacré à la ville de Bath au 18e siècle et à la vie quotidienne à l’époque georgienne. Il ne sera malheureusement pas possible de le visiter car le bâtiment est en rénovation.

Conçu par John Wood le Jeune entre 1767 et 1775, la conception de cet ensemble ouvert vers l’extérieur était novatrice à l’époque. Suivant les traces de son père, il voulut proposer des logements abordables à la classe moyenne émergente. Afin de garantir une parfaite unité, la conception extérieur des maisons devaient être semblables, ainsi les façades sont toutes similaires et décorées de grandes colonnes. Les promoteurs étaient ensuite libre d’aménager l’intérieur à leur guise, tant et si bien qu’aucune de ces maisons ne se ressemble. Aujourd’hui, 8 familles occupent des maisons du Royal Crescent et la plupart en ont fait fusionner plusieurs. Les deux maisons centrales forment l’Hôtel Royal Crescent et une maison est occupée par le Conseil, le reste a été divisé en appartements.

Royal Crescent face au Royal Victoria Park

Royal Victoria Park

Salle de bal des Assembly Rooms Robe du Fashion Museum

La journée se poursuit par la visite du Fashion Museum , situé dans le bâtiment des Assembly Rooms. En 1771, Bath a gagné en popularité et il y avait un réel besoin d’une grande salle de rassemblement pour la classe moyenne et la haute société. Une assemblée était définie à l’époque comme une « réunion entre gens courtois pour l’amour de la conversation, de la galanterie, de l’information et des jeux ». John Wood le Jeune conçu alors les Assembly Rooms comprenant une salle de bal, l’octogone (la salle de jeux) et un salon de thé. La grande salle de bal bleu est recouverte d’un parquet luisant et décorée de grandes colonnes. Au plafond sont suspendus cinq lustres de cristal. Les Assembly Rooms sont toujours utilisées aujourd’hui pour des mariages ou des conférences.

En sous-sol se trouve le Fashion Museum , un musée dédié à la mode où l’on peut admirer une importante collection de vêtements et d’accessoires de l’époque des Stuarts à nos jours. Un audio-guide présente les différentes créations, organisées par thèmes et l’évolution des styles à travers les époques. Les visiteurs peuvent même essayer des reproductions de vêtements de l’époque victorienne : corset et crinoline pour les femmes, haut de forme et redingote pour les hommes… Les expositions varient chaque année mais depuis 2013 la section « Behind the Scenes » permet de découvrir l’évolution chronologique de la mode vestimentaire entre 1700 et 1900. Pour fêter son 50anniversaire, le musée avait aussi exposé toute l’année 2013 une collection des 50 robes les plus glamour…

Tea-time & carrot cake

Après cette journée bien remplie, une envie d’un tea-time se fait ressentir. Nos pas nous conduisent au Cafe Lucca, non loin des Assembly Rooms. Situé dans une galerie élégante de boutiques indépendantes axées sur la qualité et le design, le Cafe Lucca   propose une cuisine méditerranéenne à l’heure des repas et une gamme impressionnante de gâteaux et tartes maisons le reste du temps. Accompagné d’un thé ou d’un chocolat chaud, l’après-midi se termine alors en dégustant un Carrot & Walnut cake, un Victoria cake ou un Fudge Cake… Hum…

Retour à Bristol par le bus passant par Bitton à travers la campagne anglaise et de jolis villages ruraux. Contrairement aux lignes de bus passant par l’A4 (X39, 339 et 338), celles passant par Bitton (les lignes 332 et 319) sont plus longues mais beaucoup plus champêtres. À Bristol, la soirée se déroulera dans un agréable mais bondé restaurant indien, Raj Restaurant, situé dans King Street en plein cœur de la vieille ville. Au menu, curry épicé  (oh oui !) accompagné de riz pilaf, naan au fromage et bière indienne.

A propos de AuBoutDeLaRoute

Sophie, blogueuse voyage depuis 2013. Aime écrire et partager ses expériences, ses rencontres et ses coups de cœur. Privilégie les voyages nature et découverte, mêlant randonnée et autres sports outdoor, patrimoine et visite culturelle. Passionnée d'histoire et d'archéologie et accro aux pays nordiques et celtiques.
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