Fourvière

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Jour 3, à la recherche des trésors de Fourvière

20 Décembre 2014

Dernière journée à Lyon et il faut dire que la météo nous a guère gâté : il fait encore gris aujourd’hui. Après avoir fait les bagages et pris un copieux petit-déjeuner au buffet à volonté de l’hôtel Mercure, direction (encore une fois) le Vieux Lyon par les lignes de métro A et D, puis le funiculaire grimpant en haut de la colline de Fourvière. Le ticket des Transports en Commun Lyonnais donne accès à l’ensemble du réseau : métro, tram, bus et funiculaire. Pour rejoindre la colline de Fourvière, plusieurs options s’offrent aux visiteurs : le funiculaire F2 qui débouche sur l’esplanade, au pied de la basilique Notre-Dame ; le

funiculaire F1 qui conduit au quartier de St-Just ; ou l’ascension à pied à travers les parcs situés sur les pentes de la colline. La colline de Fourvière est le lieu historique de naissance de Lugdunum, la capitale des Trois Gaules. On y trouve des vestiges archéologiques gallo-romains, dont  le grand théâtre et l’odéon , le musée gallo-romain mais également de nombreux édifices religieux, dont l’imposante basilique Notre-Dame de Fourvière, qui lui donnèrent son surnom, « la colline qui prie ». Elle recèle tellement de trésors qu’elle est presque entièrement inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco !

Basilique Notre-Dame

Le funiculaire F2 débouche sur le parvis de la basilique Notre-Dame . Un brouillard bruineux enveloppe la colline réduisant la luminosité et la visibilité. La basilique est normalement visible de toute la ville, perchée ainsi sur la colline mais la veille, du fait également du brouillard, elle était restée cachée quasiment toute la journée. La basilique Notre-Dame de Fourvière fut construite entre 1872 et 1896 à la suite d’un serment fait à la vierge : les Lyonnais s’engagèrent à ériger une somptueuse église si Sainte-Marie repoussait l’invasion prussienne. Mais, la colline de Fourvière est depuis longtemps un haut lieu spirituel. Une église en l’honneur de la Vierge Marie fut édifiée en 1192 puis la chapelle fut reconstruite après les guerres de religion en 1586. De nombreuses prières et processions eurent lieu à Fourvière avant la construction de la basilique : en 1638, une procession pour enrayer l’épidémie de scorbut touchant de nombreux enfants de la ville, en 1643 l’offrande d’un écu et d’un cierge pour être épargné de la peste qui ravageait l’Europe, en 1832 des prières pour échapper au fléau du choléra qui menaçait la ville…

L’édifice, de style néo byzantin, est impressionnant avec ses 86 mètres de long et ses 35 mètres de large. Les deux tours octogonales encadrant le porche représentent la Justice (à droite) et la Force (à gauche). Derrière les colonnes sculptées du porche se trouve la porte en bronze surmontée de plusieurs sculptures d’anges, de Marie et de Jésus. L’intérieur de la basilique est tout autant ouvragé et un brin chargé par les dorures et couleurs (à dominante bleue et verte) omniprésentes. Les murs latéraux sont recouverts de mosaïques colorées relatant des épisodes historiques et religieux. L’église est bâtie autour de trois nefs et trois travées soutenues par d’imposantes colonnes monolithiques : les trois coupoles sont richement décorées et représentent des scènes de la Vierge Marie.

En-dessous de la basilique se trouve la crypte, qui contraste par sa grandeur, s’étendant sur toute la surface de l’église, et par sa sobriété : très peu de décorations, peu de couleurs, et peu de lumière. La crypte est dédiée à Joseph et selon l’architecte Pierre Bossan, le pèlerin devait aller « à Marie par Joseph », passant ainsi de l’obscurité de la crypte à la lumière de la basilique. Les niches latérales sont dédiées aux autres vierges liées à des pèlerinages dans d’autres pays. À côté, l’ancienne chapelle se visite.

Voûte de la nef Basilique Notre-Dame
Nef de la basilique, vers l'autel
St Joseph, crypte
Nef de la basilique, vers l'entrée
Vue sur Lyon depuis Fourvière Théâtre gallo-romain

De retour à l’extérieur, le brouillard s’est quelque peu levé, laissant un petit espoir d’apercevoir la vue sur Lyon depuis l’esplanade . Le ciel est encore bien chargé de nuages, mais la vue est dégagée sur les principaux quartiers : on aperçoit le Vieux-Lyon en contrebas avec la Primatiale St-Jean-Baptiste, la colline de la Croix-Rousse au Nord, la Presqu’île en face avec l’opéra et la place Bellecour, puis plus loin, les quartiers de la Rive Gauche et la périphérie de Lyon qui se perd dans les nuages…

La journée se poursuit avec la visite du site archéologique et du musée gallo-romain . Situé sur les pentes de la colline de Fourvière, le site archéologique comprend les vestiges romain du grand théâtre et de l’odéon et est accessible gratuitement. Ils étaient situés au cœur de la ville romaine Lugdunum (fondée en 43 avant J.-C.). Le musée gallo-romain accolé au site présente l’histoire de Lugdunum, la capitale des Trois Gaules, à travers une importante collection d’objets archéologiques et en abordant tous les chapitres de la vie publique et privée de l’époque. Le théâtre a été bâti vers 15 avant J.-C. et pouvait accueillir 10000 spectateurs. Les premiers gradins sont fondés directement dans le sol tandis que les suivants étaient supportés par des voûtes.

Site archéologique gallo-romain

Derrière la scène se dressait à l’origine un grand mur de 30 mètres de haut qui fermait l’horizon. Des plaques de marbres et des colonnes constituaient le décor permanent des acteurs. À l’extrémité de la scène, une fosse s’étend sur toute la longueur de la scène. On apprendra dans le musée qu’il s’agit de la fosse comprenant le système de rideau de la scène, qui, au lieu de descendre, émergeait de celle-ci grâce à un système de contrepoids (voir la vidéo en fin d’article).

L’odéon est un petit théâtre dédié aux spectacles de musique et de déclamation qui pouvait accueillir 3000 spectateurs. Il a été bâti vers l’an 100. Comme le théâtre, il était fermé derrière la scène par un grand mur et une toiture aurait pu couvrir partiellement l’édifice afin de bénéficier d’une meilleure acoustique (son existence est controversée). Le pavement de l’orchestra (l’espace semi-circulaire devant la scène) a été restauré et est composé des pierres de marbre colorées les plus coûteuses du monde romain, ce qui révèle le caractère prestigieux du monument.

Au-dessus des deux monuments de spectacles, on voit encore les fondations des maisons, des boutiques et d’un monument public bâtis de part et d’autre d’une étroite ruelle pavée. Le site archéologique a servi de carrière de pierres après l’abandon des édifices, si bien que la plupart des gros blocs de pierre ont disparu.

Après la visite du site archéologique, direction le musée   pour approfondir l’histoire de Lugdunum, capitale des Trois Gaules. Le billet d’entrée est à 7€ et comprend un audio-guide présentant certains aspects de l’exposition et complété par de nombreux panneaux explicatifs.

Odéon gallo-romainRuelle gallo-romaine
Panoramique du Théâtre
Amphores gallo-romainesTable Claudienne

La visite commence par la présentation d’une maquette de Lyon et de ses alentours sur laquelle se superposent, grâce à un rétroprojecteur, les différents éléments de peuplement de la région. Ainsi, des traces de civilisations pré-romaine et remontant à la préhistoire, ont été retrouvé dans la plaine de Vaise. Un village s’y développe vers l’an 1000 avant J.-C., puis devient une petite agglomération à l’Âge du Fer. Le colline de Fourvière n’a, à priori, pas été habité avant la fondation romaine de 43 avant J.-C. par le général Lucius Munatius Plancus. C’est après l’assassinat de César, en 44 avant J.-C., que le général fonde une colonie au confluent de la Saône et du Rhône, sur décision du Sénat. Lugdunum devient la capitale administrative et politique des Trois Gaules ainsi qu’un important carrefour économique. C’est là que se rassemblaient chaque année les délégués des 60 cités des trois provinces gauloises de Lyonnaise, Belgique et Aquitaine pour célébrer leur attachement à Rome et leur fidélité à l’empereur Auguste.

Les découvertes archéologiques sont présentées par thèmes et donnent un aperçu détaillé de tous les aspects de la vie romaine, publique et privée : politique, militaire, religieux, organisation de la cité de Lugdunum, de la maison, métiers de l’artisanat et Christianisme.

La pièce la plus remarquable est la Table Claudienne découverte sur les pentes de la Croix-Rousse en 1528, qui constitue le discours, gravé puis coulé dans du bronze, de l’empereur Claude (41-54) intervenant en faveur des notables Gaulois, pour qu’ils aient les mêmes droits que les Romains. Elle aurait pu être affichée dans le sanctuaire confédéral des Trois Gaules. Le dernier étage accueille des expositions temporaires et en 2014 il s’agissait de « Ma maison à Lugdunum » qui permettait de découvrir les techniques et matériaux de construction, les décors et les activités domestiques et artisanales.

La journée se termine par une petite balade dans le quartier St-Georges, au pied de la colline de Fourvière et jouxtant le Vieux-Lyon. Pour le rejoindre, nous empruntons la Montée du Gourgillon , une des plus anciennes voies lyonnaises et ayant vu défiler de nombreux archevêques, rois et papes puisqu’il s’agissait de l’unique axe reliant la Primatiale St-Jean à la basilique St-Just. Toute pavée, il est toutefois dommage qu’elle ne soit pas piétonne.

Place de la Trinité, quartier St Georges
Eglise St GeorgesLa Saône depuis la passerelle St Georges

Comme dans le Vieux Lyon, le quartier St-Georges regorge de cours intérieurs, d’escaliers à vis et de traboules (voir l’article dédié). Il a l’avantage d’être délaissé des touristes et effectivement, nous y croisons peu de monde. Mais, le week-end s’achève et nous ne pousserons pas les portes des immeubles pour y découvrir ses trésors cachés. Juste le temps de rejoindre l’église St-Georges , qui fut reconstruite en 1844 par l’architecte Pierre Bossan dans le style néogothique, et d’admirer la vue sur Lyon depuis la passerelle avant de partir. Cette passerelle piétonne relie le quartier St-Georges à la Presqu’île depuis 1853. Détruite en 1944, elle fut reconstruite à l’identique : une travée de 87 mètres suspendue par des haubans. Le retour se fera par les rives de la Saône jusqu’au métro, pour rejoindre l’hôtel.

Ce week-end à Lyon représente notre retour sur le chemin du voyage, après une année de « pause » parentalité. C’est peut-être le fait d’avoir attendu longtemps avant de pouvoir partir, ou simplement parce que Lyon est une ville magnifique qui mérite qu’on s’y attarde, mais ce week-end fut superbe, enrichissant et divertissant. Il reste encore pleins de choses à découvrir sur cette ville, et on y retournera, c’est sur !

Panorama depuis St Georges

Pour terminer, un aperçu de la journée en vidéo, sur une musique du duo Rosemary Standley – Dom La Nena, « Sega Jacquot« , qui se produira aux Nuits de Fourvière le 30 juillet 2015 au Grand Théatre.

 

A propos de AuBoutDeLaRoute

Sophie, blogueuse voyage depuis 2013. Aime écrire et partager ses expériences, ses rencontres et ses coups de cœur. Privilégie les voyages nature et découverte, mêlant randonnée et autres sports outdoor, patrimoine et visite culturelle. Passionnée d'histoire et d'archéologie et accro aux pays nordiques et celtiques.
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