La Vallée de la Désolation et le Boiling Lake

Jour 5, “THE” randonnée en zone volcanique

27 Janvier 2017

La journée tant attendue du séjour arrive enfin. Nous réalisons la mythique randonnée de la Vallée de la Désolation et du Boiling Lake ! Avec seulement 12 km aller-retour mais 850 mètres de dénivelés positifs, il s’agit probablement de la randonnée de l’île de La Dominique la plus connue et une des plus difficiles. En dehors du parcours du Waitukubuli National Trail et située dans le Parc National Morne Trois Pitons, elle conduit au cœur de l’île, dans la zone géothermique la plus active. Les paysages sont grandioses, époustouflants et variés. On commence par traverser la forêt tropicale et de nombreuses rivières avant d’atteindre un lieu irréel où geysers, marmites de boues, fumerolles et sources d’eau chaude se côtoient.

Il faut le mériter de faire la randonnée du Boiling Lake. Le départ du guest-house est annoncé à 8h du matin, car il faut prévoir une bonne journée de marche (au minimum, comptez 3h pour réaliser l’aller). Une bonne condition physique est également conseillée et heureusement les journées de randonnées que nous avons dans les pattes nous seront bénéfiques ! Aujourd’hui, nous changeons également de guide : Moïse doit s’absenter, il est donc remplacé par Jackson, un guide local également mais beaucoup moins pédagogue et impatient… Nous regretterons Moïse tout au long de la journée.

La randonnée débute au parking de Titou Gorge , un spot magnifique pour se baigner (dans une gorge ombragée recouverte de mousse) situé après le village de Laudat. Le temps n’est toutefois pas au beau fixe : grisaille et froid. Le chemin s’élève progressivement dans la forêt. Des rondins de bois sont positionnés sur le sol de manière à former des marches, mais cela s’avère moins pratique que voulu car ils sont recouverts de boue et ultra-glissants. Après une petite descente dans une vallée et la traversée de la rivière, la montée se fait de plus en plus raide, avec des marches pouvant atteindre 30 à 50 cm. Les bâtons de marche s’avèrent ici très efficaces pour la stabilité et le report de poids.

A à la moitié du parcours, on atteint le sommet d’une montagne embrassant la forêt et le parc national à 360°C. Le Morne Trois Pitons National Park, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, est la plus grande zone naturelle protégée de La Dominique. Il abrite cinq volcans, dont le Morne Trois Pitons qui culmine à 1372 mètres, et une importante zone géothermique perdue au milieu d’une forêt tropicale dense et parcourue de multiples rivières et cascades. Il s’agit de la région des Petites Antilles dont la diversité biologique est la plus riche. Cela en fait un lieu privilégié pour la randonnée, avec celle du Boiling Lake mais aussi celle passant sur les sommets des volcans du parc.

A partir de là, la randonnée se corse. Entre la boue et les pierres glissantes, il faut descendre jusqu’à la Vallée de la Désolation située dans une cuvette et entourée de hautes montagnes. Des volutes de vapeurs commencent déjà à apparaître, mais il faut rester concentré sur l’étroit chemin. Certains passages relèvent plus de l’escalade, il faut se faufiler entre la roche sur une pente très raide. Le vent se lève également, rendant l’équilibre encore plus précaire.

Descente vers la Vallée de la Désolation
La vallée de la Désolation
Sons Of Desolation

Puis, petit à petit, la Vallée de la Désolation s’ouvre devant nous. Elle porte si bien son nom et le contraste avec la forêt verdoyante autour est tellement saisissant ! Avec ses failles d’où émanent des fumerolles ou de l’eau bouillonnante, avec sa rivière fumante aux couleurs souffre jaune – orange, ses marmites de boue grises… L’activité volcanique de l’île est ici bien visible ! Jackson nous parle des bienfaits de la silice sur la peau et, comme je l’avais déjà expérimenté en Islande, je me laisse tenter par un masque de boue, mais en version pagan cette fois, avec deux traces de doigts sur les joues.

La randonnée se poursuit vers le lac bouillonnant . Pour l’atteindre, on suit encore pendant un bon kilomètre la rivière d’eau chaude. La vallée se rétrécit en gorge, puis passé la zone aride, on retrouve l’ombre des arbres. L’eau a creusé dans la roche des petits bassins, l’idéal pour se baigner et chose que nous ne manquerons pas de faire au retour ! Quelques passages encore délicats nécessitent un peu d’escalade, quelques rochers à escalader, une corde par là pour se hisser…

On sort du couvert des arbres pour découvrir une nouvelle vallée verdoyante ponctuée d’amas de roches et de souffre. Il ne reste plus qu’à la parcourir et gravir la dernière petite montée pour atteindre le lac bouillonnant . Manque de bol, les nuages sont très bas et le lac est recouvert d’une épaisse brume qui le rend quasiment invisible. Quelques bourrasques de vent laissent entrevoir rapidement la surface de l’eau, avec en son centre une énorme bulle gazeuse, émettant un sifflement particulier. C’est tout ce à quoi nous aurons droit… Il s’agit d’un des plus grands lacs bouillonnants au monde, sa température pouvant atteindre 95°C !

La pluie se met également à tomber à grandes gouttes en pleine pause déjeuner. Nous finissons alors par gober la fin du repas avant de repartir au pas de course. Evidemment il a fallu que j’attende ce jour là pour enlever le matin même mon k-way du sac en me disant que je ne m’en étais pas servi de la semaine ! En quelques minutes je me retrouve trempée jusqu’aux os, et les chaussettes mouillées qui glissent dans les chaussures de marche, ce n’est pas pratique ! L’averse se calme un peu lorsque nous atteignons la forêt, juste à temps pour pouvoir profiter d’un bain chaud. Car quitte à être trempé, autant en profiter jusqu’au bout…

Vers le Boiling Lac
Boiling Lake

Le retour s’avère long et fatiguant. Car forcément, nous devons remonter tout ce que nous avons descendus et inversement… Et honnêtement, je ne saurais dire si je préfère les montées ou les descentes, tellement mes cuisses et mes genoux m’en ont voulu plusieurs jours après… La soirée à notre hébergement, au Petit Paradis  , sera courte tellement nous souhaitons retrouver notre lit !

A propos de AuBoutDeLaRoute

Sophie, blogueuse voyage depuis 2013. Aime écrire et partager ses expériences, ses rencontres et ses coups de cœur. Privilégie les voyages nature et découverte, mêlant randonnée et autres sports outdoor, patrimoine et visite culturelle. Passionnée d'histoire et d'archéologie et accro aux pays nordiques et celtiques.
Avec mots-clefs , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , .Lien pour marque-pages : permalien.

Donnez nous votre avis :

  • WordPress
  • Facebook
  • Google Plus

Laissez-nous un commentaire