Le Massif d’Anaga

Jour 3, Randonnée en boucle depuis Afur vers Taborno et la playa de Tamadite

11 Décembre 2017

Vue sur Mercedes

En cette troisième journée à Ténérife, la météo n’est pas au beau fixe. La seule partie de l’île qui est un peu épargnée par la pluie est la pointe Nord-Est de l’île. Ayant repéré des randonnées sympa à faire dans le coin, je me dirige donc pour cette journée vers le massif d’Anaga, une région unique de montagnes escarpées recouvertes d’une forêt vierge et de ravins étroits se terminant dans l’océan. Je suis particulièrement en forme ce jour-là et je serai plutôt fière de moi après avoir réalisée cette randonnée en boucle depuis Afur, menant au roque de Taborno et descendant vers la plage de Tamadite. Grâce à une forme olympienne, cette randonnée notée difficile à la fois au niveau physique et au niveau de l’orientation, passera comme une lettre à la poste et je pourrais profiter pleinement de ces magnifiques paysages.

Vue sur le ravin de Tahodio

Depuis Valle de Guerra où se situe mon logement, j’emprunte la route TF-12 en direction du massif d’Anaga. Après le village de Mercedes, la route s’élève en sinuant à travers les arbres, de nombreux points de vue jalonnent la route mais les nuages et la brume cachent déjà les sommets des montagnes. Je m’arrête au point de vue de Jardina , avant d’être bloquée dans les nuages. Le temps est maussade, les nuages bas et menaçant mais la vue s’étend tout de même au loin, au-delà de Mercedes et, sur la gauche, la vallée de Tahodio. Le panorama est magnifique, cela doit être encore plus impressionnant par beau temps ! Mais pour cela il faut un peu de chance, car ce n’est pas pour rien que le massif d’Anaga est si vert : il s’agit de la région la plus pluvieuse de Ténérife.

Anaga a été déclaré Réserve de biosphère en 2015 par l’Unesco. Sa forêt vierge de lauriers recouvre la crête du massif, tant et si bien qu’on l’appelle forêt embrumée car elle est tout le temps dans les nuages. Tout au long de la route principale traversant Anaga sur la crête du massif je suis donc dans les nuages et la forêt. Mais, de nombreuses routes desservent les vallées et ravins en contrebas, de part et d’autre de la crête du massif. Là bas se nichent hameaux agricoles et plages…

Voici un petit aperçu de la route descendant vers Afur.

La descente vers le hameau d’Afur est spectaculaire, la route sillonne en s’accrochant aux parois des montagnes, on aperçoit de temps à autre l’océan au bout de la vallée. Je ne peux m’empêcher de regarder ces montagnes si escarpées, érodées comme si elles avaient fondues au soleil, surtout ce sommet, le roque de Taborno, si singulier… Le hameau d’Afur ne compte que 15 habitants. Au bout de la route se trouve un parking car il s’agit du point de départ de plusieurs randonnées dans la région, notamment celle vers le ravin de Tamadite qui conduit jusqu’à la plage (chemin que je ferais au retour).

La randonnée commence normalement à Taborno mais j’ai choisi de la débuter à Afur , pour la réaliser dans le sens inverse du guide du Rother (#55), en préférant faire la descente de Taborno vers la plage de Tamadite, ce qui s’avère une meilleure option je trouve étant donné le dénivelé. En effet, cette boucle de 13 km (incluant un détour vers le roque de Taborno) a un dénivelé positif de plus de 1000 mètres avec des passages exposés et une partie non balisée difficile à trouver.

Afur et Ravin de TamaditeRavin de Tamadite
TF_9 TabornoVue sur El Taborno et la plage

Depuis le parking d' Afur , un chemin part en direction du Barranco (qui signifie ravin) de Tamadite, mais au bout de quelques mètres, une bifurcation à gauche permet de revenir vers le hameau et de le traverser. Il faut suivre le balisage jaune et blanc du PR-TF9 en direction de Taborno. Une fois passé le hameau d’Afur, le chemin s’élève en suivant la crête jusqu’au hameau El Fronton. Cette montée de 400 mètres met tout de suite en condition et chauffe bien les cuisses.

Le chemin suivant la ligne de crête permet d’avoir un panorama à 360° magique. Il est juste dommage que le soleil ne soit pas au rendez-vous et les photos ne rendent pas tellement cette sensation de hauteur et de vertige. Jusqu’au premier groupe de maisons, la vue porte loin sur le barranco de Tamadite, formant un V, avec l’océan comme fond de plan et le relief si singulier du roque de Taborno dominant au Sud. Je croise plusieurs personnes sur ce tronçon, tous en sens inverse…

Au hameau d’El Fronton, il y a la possibilité de rejoindre Taborno par la route. Mais, si le temps le permet, préférez continuer sur le sentier balisé PR-TF9, bien plus joli. Ce chemin à plat passe au-dessus de cultures en terrasses. Le soleil commence à pointer le bout de son nez et offre de jolies couleurs et contrastes sur ce paysage étonnant. En effet, le massif d’Anaga, avec les régions du Teno et d’Adeje, est la plus ancienne zone géologique de Ténérife. Ces trois anciennes îles, sous la poussée de la cumbre dorsale et de l’éruption de la caldeira, se rejoignirent pour former l’île de Ténérife. Nous marchons donc sur les plus anciens vestiges volcaniques de l’île !

Arrivée à Taborno, une pause pique-nique s’impose pour profiter du soleil. Le village s’étire le long d’une crête, avec en son centre une belle petite église . Ne manquez pas également le point de vue de Fuente del Lomo, qui permet d’avoir une splendide vue sur l’océan et les montagnes surplombant Afur. A ce point de vue, le chemin continue plus loin en direction du roque de Taborno, qui correspond également à la direction de la suite de la randonnée.

Eglise de Taborno Roque de Taborno
Sentier du TabornoRoque de Taborno

Etant particulièrement intriguée par ce sommet, je décide d’aller voir ça de plus près en suivant le tracé #54 du guide du Rother menant au Roque de Taborno  . Le sentier balisé en vert relie le village de Taborno au roque, en faisant le tour de celui-ci. Néanmoins, le vent est violent et le premier passage étroit le long de la crête pour atteindre le pied du sommet est assez périlleux. Avis aux personnes sujettes au vertige, ne vous y aventurez pas car cela va de pire en pire !

Une fois à l’abri du vent sur le versant Nord du Taborno, le sentier suit la courbe de la montagne, celui-ci est très étroit, sablonneux et caillouteux, avec le vide sur la droite et un ravin sans fin… J’arrive à l’extrémité Nord de la montagne. La vue est spectaculaire et vertigineuse. Je cherche le sentier qui n’est pas très marqué mais la pente est trop raide et glissante, tandis que le vent reprend de plus belle. N’étant pas du tout en confiance, je décide de rebrousser chemin car ici, un seul faux pas pourrait être fatal.

Il me faut maintenant trouver le sentier non balisé qui descend à la plage de Tamadite. Et c’est là que les choses se compliquent, car il n’y a aucune indication et le versant de la montagne est tellement raide qu’on ne distingue aucune trace… Avec mon GPS j’arpente donc la dernière crête dominant le ravin par lequel je suis censée descendre en repérant le sentier en contrebas. Il n’est pas nécessaire d’aller au bout de la crête, la trace longe le maquis dans lequel je me fraye un passage tant bien que mal pour retomber quelques mètres plus bas sur le sentier.

Je remercie alors mes amis de m’avoir offert ce GPS, sans quoi je n’aurais jamais trouvé ce sentier. Il est effet très peu emprunté, rempli de broussailles à quelques endroits. Le sentier marque une courbe suivant le versant du Taborno, j’arrive ensuite sous son sommet et le sentier descend alors dans un ravin. Il faut suivre le lit du cours d’eau, avec quelques passages où il faut traverser des bassins à secs, d’autres où il faut passer sous des concrétions rocheuses et des grottes. On distingue même une ancienne cascade à sec ! Le chemin est escarpé et à certains endroits exposé, mieux vaut avoir le pied sûr.

Du Taborno à TamaditeGrotte sous le Taborno
Plage de Tamadite Plage de Tamadite

Je ne croise personne sur toute la descente et j’ai un sentiment de liberté immense, mêlée à de la joie d’avoir trouver le chemin et boostée par une forme extraordinaire. Avec les 500 mètres de dénivelés qu’il y a à faire entre le Taborno et la plage de Tamadite ajoutés à la difficulté du terrain, il s’agit de la portion la plus difficile de la randonnée. Le ravin débouche sur la fin de la vallée de Tamadite, où des cultures en terrasses occupent les berges du ruisseau. le chemin suit le cours d’eau jusqu’à la plage de Tamadite .

Le soleil est caché par les nuages et la montagne, la météo et le vent ne sont pas vraiment propices à une baignade improvisée. Après une courte pause, je poursuis par le dernier tronçon de la randonnée, celui du barranco de Tamadite, qui remonte jusqu’à Afur en une petite heure de marche et environ 250 mètres de dénivelés positifs. Il suffit pour cela de suivre le balisage jaune et blanc qui remonte le cours d’eau, passant de bassins en cascades. Étonnement c’est la partie la plus visitée et pour moi la moins spectaculaire, peut-être du fait de la faible luminosité qui rendait le lieu un peu maussade…

Cette randonnée fut pour moi un véritable coup de cœur, tant les paysages de l’Anaga sont singuliers et impressionnants. Elle mérite un sacré effort et une bonne dose d’orientation mais elle vaut vraiment le coup. Je retourne chez moi heureuse et fatiguée, après ces 5h30 de marche.

A propos de AuBoutDeLaRoute

Sophie, blogueuse voyage depuis 2013. Aime écrire et partager ses expériences, ses rencontres et ses coups de cœur. Privilégie les voyages nature et découverte, mêlant randonnée et autres sports outdoor, patrimoine et visite culturelle. Passionnée d'histoire et d'archéologie et accro aux pays nordiques et celtiques.
Avec mots-clefs , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , .Lien pour marque-pages : permalien.

Donnez moi votre avis :