Jour 3, Randonnée découverte de la Réserve Naturelle du Val d’Escreins

14 Juillet 2018

Rando du Val d'Escreins

Après la belle randonnée du Lac St Anne la veille, cette journée s’annonce beaucoup plus calme, sous le signe de la détente… Je ne suis en effet pas encore remise de cette randonnée. Peut-être est-ce l’altitude mêlée à l’effort important demandé par cette ascension qui m’a fait tomber comme une masse. Dans tous les cas, ce matin-là, je souhaite le prendre plus cool. Je choisis donc de partir à la découverte du Val d’Escreins, chaudement recommandé par mes grand-parents encore une fois. Cette réserve naturelle s’étend autour d’un large vallon parcouru par la rivière Le Rif Bel, où l’on trouve des ruines d’un ancien hameaux, et est surmonté par le Pic de Font-Sante. Les paysages y sont variés (pâturages, berges du Rif Bel, forêt, alpage, haute-montage) et les randonnées variées pour tous les niveaux.

Depuis mon lieu de bivouac, dans la vallée du Fond de Chaurionde à côté du village de Ceillac, je dois redescendre à Guillestre pour rejoindre la D902, la route du Col de Vars, permettant d’accéder au Val d’Escreins. Et dire que je me rends dans la vallée voisine qui n’est qu’à 6 kilomètres à vol d’oiseau… Il existe d’ailleurs le GR de Pays Tour de la Font-Sancte qui relie les deux vallées ; la première étape de Ceillac à Basse-Rua (le refuge du Val d’Escreins) se fait en 16km et 1350m de dénivelé ! La route du Col de Vars n’en n’est pas moins très belle, sillonnant et grimpant la montagne, offrant un joli panorama. La bifurcation vers le Val d’Escreins sur la gauche est discrète, il ne faut pas la manquer. La petite route contourne ensuite le flanc de la montagne, en corniche, sous les rochers pour déboucher au Pont de Vars, le point d’entrée de la zone naturelle.

Je décide de garer le van directement au Pont de Vars et de ne pas continuer vers les parkings du refuge de Basse-Rua, préférant pour cette journée rester dans la vallée et parcourir le sentier de découverte. Il existe de nombreux sentiers de randonnée faciles permettant de découvrir la faune et la flore de la vallée, jalonnés de panneaux explicatifs, des sentiers de trails et même un parcours d’orientation. Il est donc facile de panacher ces sentiers pour se faire un parcours variés et à basse altitude. Pique-nique dans le sac, je me lance sur le sentier de découverte sur la rive Nord du Rif Bel, sur une large chemin remontant la vallée.

D’un côté, le tumulte du Rif Bel dévalant les roches blanches attire l’oreille et les yeux, avec son eau bleue transparente et ses petites plages en bord de rive. De l’autre, les sommets et les crêtes d’Agnès et de Panestrelle dominent ma marche et me font chercher le sentier du GR qui descend normalement, au-dessus des falaises puis traversant la forêt domaniale de Mont-Dauphin. Sur les hauteurs des berges de la rivière, à l’orée de la forêt, s’étendent de belles prairies remplient de fleurs de toutes les couleurs.

Après trois petits kilomètres et 150m de dénivelé positif, j’arrive au refuge de Basse Rua, ouvert uniquement l’été, de mi-juin à mi-septembre. Il propose des hébergements, dans le refuge ou dans des tipis situés un peu plus loin, et un espace restauration. Ayant emporté avec moi mon pique-nique, je ne commande qu’une bière et les propriétaires acceptent gentiment que je m’installe dans leur transat pour manger un morceau. Face à ce qui doit être la crête de Vars, avec ces rochers déchiquetés, je déguste “La Sauvage”, une bière ambrée locale de la vallée de l’Ubaye, située juste derrière. Au soleil et face à ces montagnes majestueuses, je profite de l’instant, de ce moment de détente en me disant qu’il me reste encore toute la journée. Cela fait aussi de bien de se poser, de prévoir une journée tranquille dans ces vacances, où on n’a pas besoin de regarder sa montre toutes les cinq minutes pour savoir si on aura le temps de finir la randonnée…

13h30, il est temps de repartir pour continuer cette boucle. Juste après le refuge, on trouve d’anciennes ruines du hameau ainsi qu’une chapelle restaurée. Les hameaux du Val d’Escreins, Haute-Rua, Basse-Rua et les Pouents sont des hameaux abandonnés, où il n’y a plus de vie à l’année. Les premières habitations furent crées au Moyen-Âge et servaient pour les forestiers et les bergers. Elles n’étaient occupées que l’été, comme dans le Queyras, et la culture céréalière et l’élevage complétaient les ressources des quelques habitants. Le village de Basse Rua est définitivement abandonné en 1916 après un incendie accidentel.

Après le hameau abandonné de Haute Rua, le chemin redescend doucement vers la rivière et de nombreuses bifurcations permettent de varier les retours possibles. Pour allonger la boucle, il est possible de continuer tout droit en suivant le cours de la rivière et remontant jusqu’à la cabane des Chalances et en revenant par l’autre rive de la rivière. En traversant directement la rivière, il suffit de rejoindre le Pont de Vars en suivant la petite route, ce qui me semble peu intéressant, mais il existe une petite variante suivant la pente de la montagne, un peu plus haut dans la forêt… Je choisis la troisième option, emprunter le sentier du GR de pays, à sens inverse, un grimpant dans la forêt, espérant ainsi avoir un peu de panorama. Je ne le suivrais toutefois pas longtemps car à peine 100m de dénivelé plus tard, je quitte la trace du GR pour suivre un sentier en balcon, quelque fois un peu exposé mais offrant de jolis points de vue sur le Val d’Escreins.

Le sentier redescend petit à petit en douceur pour rejoindre l’étendue herbeuse au-dessus des berges de la rivière. Il n’est que 15h, l’après-midi est chaude sans être étouffante grâce aux passages nuageux. Je décide de poursuivre cette journée détente par un moment de repos prés de la rivière. Il n’y a personne à l’exception de quelques promeneurs sur le chemin, c’est donc l’idéal. Je retourne au van pour chercher mon matériel de confection de cuillère en bois et je me choisis un endroit sur le sable et où mettre mes pieds dans l’eau. J’avais commencé cette activité lors d’un week-end Bushcraft en Ardèche fin Juin et je n’avais pas eu le temps de terminer ma cuillère… Ma cuillère était encore un morceau de bois grossier, il fallait enlever encore pas mal de matière sur le manche, puis, à l’aide du couteau croche, creuser la cuillère.

Après une bonne heure, sans avoir terminé ma magnifique sculpture en bois mais en laissant un revanche un joli tas de copeaux de bois, je reprends la route pour redescendre vers Guillestre. C’est le 14 Juillet aujourd’hui, je me dis alors qu’il est fort probable qu’un feu d’artifices soit tiré depuis la citadelle Vauban de Mont-Dauphin. Me rappelant le conseil d’Alice, je regarde sur l’application Park4night pour voir s’il pourrait y avoir un bon spot de bivouac en van avec une vue sur la citadelle, ce serait le top. Je me met en route vers le point indiqué mais je trouve encore l’endroit beaucoup trop urbanisé, à peine sorti du village, au bout d’un petit chemin de terre longeant un champ, il y a effectivement une magnifique vue sur la citadelle et… évidemment je ne suis pas la seule. Déjà deux vans sur place et, étant obligée de m’avancer jusqu’au bout pour faire demi-tour, deux jeunes m’interpellent pour me dire que je peux rester pour la nuit, sauf qu’il s’agit d’un colo d’ados avec quatre moniteurs… voilà la tranquillité ! Je les remercie mais passe mon chemin.

J’aurais un peu de difficulté à trouver mon lieu de bivouac ce soir là, étant redescendue dans la vallée de Guillestre, il y a beaucoup plus de monde et il est difficile de trouver un endroit isolé, libre et ne dérangeant personne. Il faut tenter les petits chemins, faire demi-tour, retenter ailleurs… Je finis par trouver un chemin bordé de jardins potagers, avec une parcelle vide entre deux, avec une jolie vue sur les montagnes mais pas la citadelle Vauban. Tant pis pour le feu d’artifices…



On a tous cette image en tête, du spot parfait en van, avec vue sur le soleil couchant, le lit face à la plage ou un superbe paysage de montagne. En réalité, c’est souvent une galère, cela prend du temps et généralement en fin de journée, avec la fatigue, on a juste envie de se poser n’importe où. Mais, n’oublions pas de respecter quelques règles, car le bivouac et le camping sauvage en tente ou en van y sont soumis. Je vous donne ici quelques conseils et astuces issus de ma petite expérience en van.

  • Bivouac ou camping sauvage ?

Avant de rentrer dans le vif du sujet, il faut préciser que le bivouac est avant tout un état d’esprit, synonyme de liberté bien sûr : pouvoir passer une nuit dans la nature, sans déranger personne et permettant de se reposer, de faire des étapes si on est en itinérance. Au sens strict, il s’agit de pouvoir passer une nuit dans la nature, à partir du moment où on s’installe en fin de journée au coucher du soleil et où on part au lever du soleil, avec le moins d’impact possible sur la nature.

Il se différencie du camping sauvage, car dans ce cas, l’installation se fait sur une période plus longue, à la journée voir plusieurs, dans un endroit non aménagé pour le camping (mais autorisé). Le fait d’être en véhicule motorisé et s’installant de fait non loin d’une voie d’accès classe le van dans la section du camping sauvage. Néanmoins, dans mon cas, j’aime parler de “bivouac en van” car je ne savais pas forcément à l’avance où j’allais m’installer et je ne restais pas plus d’une nuit.

Au final, bivouac ou camping sauvage, les deux sont possibles en van, du moment que c’est autorisé, réalisé dans les règles et fait avec respect.

  • La réglementation en France

En France, la règle est simple : le camping sauvage ou bivouac est autorisé partout… du moment que ce n’est pas interdit. En gros, renseignez-vous sur l’endroit où vous souhaitez bivouaquer !

Sur un terrain privé, le bivouac est soumis à l’accord du propriétaire. Sur le domaine public, il y a plusieurs règles qui s’appliquent sur tous le territoire français, avec les interdictions suivantes :

  • Il est interdit de camper sur les routes et voies publiques ;
  • Dans les sites classés ou en instance de classement ;
  • Sur les rivages de la mer et dans les sites inscrits ;
  • Dans les secteurs sauvegardés, les zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager ;
  • Dans un rayon de 200 mètres autour des points d’eau utilisé pour la consommation ;
  • Si le Plan Local d’Urbanisme (PLU) ou un arrêté du maire en interdit la pratique et si des panneaux aux points d’accès habituels aux zones visées en informe le public.

Attention, les Parcs Nationaux et Régionaux ainsi que les Réserves Naturelles ont une réglementation propre, certains interdisent même le bivouac et le camping sauvage. Consulter les différentes réglementations ici.

  • Conseils pour un bivouac réussi

Prévoyez un temps de recherche suffisant ! En van, il peut arriver de tourner plusieurs heures avant de trouver le bon emplacement… Pour ma part, j’ai pris l’habitude de regarder les spots possibles le matin (sans m’y installer) avant de me rendre sur le lieu de randonnée lorsque je savais que je repasserais par là. Cela ne marche pas à tout les coup mais cela rassure pendant la journée.

Le choix du terrain est primordial pour passer une bonne nuit. Il faut éviter les cuvettes (qui pourrait rendre le sol boueux en cas de pluie), s’installer sur un terrain plat pour éviter de glisser toute la nuit, à l’abri du vent pour éviter les nuisances sonores et éviter de se faire bourlinguer toute la nuit (face au vent sinon), et éviter les zones dangereuses (falaise, berge de rivière…).

Alice m’avait conseillé une application pour trouver mon spot : Park4night, mais je n’ai pas été convaincue comme vous avez pu le voir dans cet article. Il en existe d’autres, avec leurs avantages et inconvénients.

Une fois le terrain choisi et que vous avez vérifié que vous avez le droit d’être là, s’appliquent également des règles de bons sens qui vous permettront d’avoir le vrai état d’esprit bivouac :

  • Respecter l’espace où l’on s’installe, c’est-à-dire être discret, ne pas s’étaler, ne rien laisser derrière soit quand on part, effacer toute trace de son passage ;
  • Ne rien laisser trainer dehors quand on va se coucher, cela peut attirer les animaux, voir s’envoler ou se faire voler ;
  • Ne pas être intrusif, ne rester qu’une seule nuit, arriver tard et partir tôt.
Vous devriez aussi aimer :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *