Le Hardangerfjord, d’Odda à Norheimsund

Voir la galerie photos

Jour 5, Des cascades et des fjords – partie 2

08 Juillet 2015

Lac Sandvevatnet

Une journée grise et pluvieuse s’annonce. Nous étions prévenu que la Norvège des fjords est la région la plus pluvieuse mais bon, nous espérions avoir un peu de chance pour ce voyage… Les nuages s’accrochent aux sommets des montagnes, se confondant avec les plaques de neige. Plusieurs randonnées en montagne s’offraient à nous aujourd’hui, dans le massif du glacier de Folgefonna, mais étant donné la météo, on renonce à en faire une en altitude. Être dans les nuages et ne pas avoir de vue n’est pas très intéressant. En plus, nous aurions eu du mal à suivre les chemins de randonnée car apparemment à cette période, les montagnes étaient couvertes de neige…

En retournant sur nos pas de la veille, en direction d’Odda, on longe le lac Sandvevatnet . Plusieurs points de vue sur la route permettent d’admirer ce joli lac, dans un décor typique de Norvège : une berge de cailloux et d’herbe verte s’enfonçant doucement dans l’eau, un cabane peinte en rouge plantée au bord de l’eau, les montagnes en arrière-plan sur lesquelles s’écoulent des cascades…

Lac Sandvevatnet

On opte pour la randonnée populaire du glacier Buerbreen, un aller-retour d’environ 6,5 kilomètres conduisant au pied du glacier en suivant le fond de la vallée. Le Buerbreen fait partie du parc national Folgefonna, troisième glaçier norvégien par sa taille, d’une longueur de 37 km et d’une largeur de 16 km.

Le départ de la randonnée se fait au bout d’une petite route longeant la vallée glaciaire à 4 kilomètres au Sud d’Odda, de l’autre côté du lac Sandvevatnet . Un parking marque le bout de la route. Mieux vaut arriver tôt pour entreprendre cette randonnée car il paraît que ça bouchonne pas mal pour repartir. Après s’être équipé pour se protéger de la pluie qui commence à tomber, on s’élance sur le chemin, balisé en rouge. Le parcours traverse d’abord une ferme avant d’entrer dans une zone de pâturage pour les moutons. Ceux-ci se regroupent en petits groupes dans une grange ou sous de gros rochers, pour se mettre à l’abri de la pluie. Ils ne sont pas farouches et se laissent approcher sans difficultés. Le chemin sillonne ensuite de manière plus chaotique

Glacier de Buarbreen
Vallée de BuerdalPasserelle métallique

entre les rochers et on doit traverser de nombreux bras de la rivière, à l’aide de simples pierres ou de passerelles métalliques et en bois. Mieux vaut avoir un bon équilibre et des chaussures étanches car, en plus des nombreux points d’eau à traverser, le sol, détrempé par la pluie, devient boueux et glissant. Derrière nous, on a une superbe vue sur la vallée glaciaire, avec sa ferme en rouge, ses arbres verts et la rivière s’écoulant jusqu’au lac Sandvevatnet . Des plaques de neige recouvrent par endroit la rivière et ses rives. La langue glaciaire du Buerbreen a quant à elle beaucoup reculé. Les rochers, la rivière et les cascades ont pris la place de cette glace bleutée, qu’on distingue uniquement sur les hauteurs…

Il faut ensuite escalader les gros rochers de la moraine, quelque fois à l’aide de mains courantes. Les flots de la rivière se font plus tumultueux, au point qu’un des ponts en bois est cassé à plusieurs endroits et que le pont suivant n’existe tout simplement plus. On essaye de chercher une solution pour traverser, mais en vain. Il faut se rendre à l’évidence, nous ne pouvons pas terminer la randonnée. Les randonneurs croisés avaient également rebroussé chemin… C’est dommage car il s’agissait du dernier bras de la rivière à traverser, on aurait pu ensuite longer le glacier en prenant de la hauteur.

Grange à Buarbreen
Vallée de Buerdal
Passerelle en bois

De retour au parking, le temps ne s’améliore pas, les nuages cachent les sommets du massif. On décide de ne pas faire le tour de la péninsule par la route touristique du Hardanger n°550 passant par Utne et de couper directement par les tunnels jusqu’à Jondal . Ce n’est certes pas la route la plus intéressante car on ne profite pas du paysage mais au moins, elle esr rapide ! Entre les deux tunnels se niche un petit fjord très joli, le Maurangsfjorden , une petite branche de 12 kilomètres du Hardangerfjord.

De l’autre côté des tunnels, le temps se gâte encore plus et il se met à pleuvoir à verse. À Jondal, on arrive juste à temps pour prendre le ferry   qu’on voyait arriver depuis l’autre côté du Hardangerfjord, depuis Tørvikbygd. Il suffit de se garer dans les files numérotées et d’attendre que l’agent du ferry passe de voiture en voiture pour lui acheter les tickets (21€ pour la voiture et 4 passagers). Après avoir embarqué, on dispose d’une vingtaine de minute et on en profite pour manger notre pique-nique et admirer la vue sur le village de Jondal, aux belles maisons en bois aux toits couverts d’ardoises. Les ferries Norled disposent de salles couvertes et chauffées en-dessous, avec une cafétéria, des banquettes et des WC.

JondalTørvikbygd
Steinsdalsfossen

De l’autre côté du fjord, on débarque à Tørvikbygd avant de grimper le long de la côté jusqu’à Norheimsund. Plusieurs points de vue sur le bord de la route permettent de s’arrêter et d’admirer l’Hardangerfjord, avec au loin et en tout petit le ferry qui effectue la liaison Jondal-Tørvikbygd .

Petit arrêt à la cascade de Steinsdalsfossen  . Vous ne pouvez pas la manquer, elle est en bordure de route et est très visitée : un grand parking a été crée, ainsi qu’un magasin de souvenirs et des cafés. L’endroit est trés touristique et la profusion d’infrastructures autour de la cascade dénature complètement le site. L’attraction principale de Steinsdalsfossen est qu’elle possède un chemin permettant de passer sous la cascade. L’eau chute d’environ 50 mètres, dans un fracas assourdissant et un nuage d’embruns. Du haut de la plateforme, on bénéficie d’une jolie vue sur les alentours. Même si Steinsdalsfossen est jolie mais sans plus, son accès très facile mérite quand même un petit arrêt.

Vue depuis Steinsdalsfossen Steinsdalsfossen

On prend ensuite la direction de Bergen où nous passerons les deux prochaines nuits. La route est encore longue, 71 kilomètres et 1 heure de route environ, est peu intéressante. La première tâche à faire en arrivant à Bergen est de trouver une place pour garer la voiture pour les deux prochains jours. Se garer dans le centre de Bergen est loin d’être évident, les places dans les rues sont payantes et limitées à un nombre d’heures tandis que les parkings souterrains sont prohibitifs… Pour du stationnement longue durée et « économique », mieux vaut se garer au parking près de la gare, à 20 minutes à pied du centre.

Fatigués par cette longue journée et à la vue du marché aux poissons qui grouille de monde, on décide d’arrêter là les visites et de reprendre tranquillement demain. On se pose à la terrasse d’un pub Irlandais face au port pour boire une bière… riche idée, la pinte est seulement à 13€ ! On rejoint Thomas, notre hôte à qui nous avons loué un bateau en guise d’hébergement, à 19h devant l’office du tourisme située près du port.

Le Tristan
Cockpit Tristan Carpaccio de baleine et saumon fumé

En tee-shirt, avec un bonnet sur la tête et une canette de cidre à la main, il nous donne tout un tas de conseils sur les endroits à visiter, à éviter etc. Il reconnait que la Norvège est un pays cher : le prix des boissons alcoolisées dans les bars, et notamment ceux autour du vieux port, sont exorbitants, de même que le poisson vendu au marché, qui, de plus, n’est pas toujours de bonne qualité… Il nous conduit à son bateau, le Tristan , amarré juste à côté du marché. À cet emplacement, il n’y a pas de raccordement électrique mais la batterie du bateau a assez d’autonomie pour alimenter le frigo et les lumières. Les douches et les WC sont situés dans la capitainerie juste à côté. Le Tristan dispose de deux cabines, une à l’avant et une à l’arrière ainsi que d’un carré central, un WC et une kitchenette. Il faut faire le tri dans les bagages à amener car on ne peut pas entrer nos quatre grandes valises dans les rangements étroits du bateau.

À 21h, direction le restaurant Bryggeloftet & Stuene   conseillé par Thomas. Les plats sont en effet très bons mais chers aussi ! Dégustation de baleine en carpaccio en entrée et différents poissons en guise de plats. De retour au bateau, le vent souffle fort et fait tanguer notre petite maison. La nuit sera agitée et avec la fraîcheur qui s’installe, difficile de trouver le sommeil.

A propos de AuBoutDeLaRoute

Sophie, blogueuse voyage depuis 2013. Aime écrire et partager ses expériences, ses rencontres et ses coups de cœur. Privilégie les voyages nature et découverte, mêlant randonnée et autres sports outdoor, patrimoine et visite culturelle. Passionnée d'histoire et d'archéologie et accro aux pays nordiques et celtiques.
Avec mots-clefs , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , .Lien pour marque-pages : permalien.

Donnez nous votre avis :

  • WordPress
  • Facebook
  • Google Plus

4 réactions à Le Hardangerfjord, d’Odda à Norheimsund

  1. ItineraMagica a écrit:

    J’adore votre récit, suivre vos aventures dans les contrées froides et brumeuses, mais d’une beauté presque irréelle… Superbes photos de ces paysages de conte de fée !

  2. mercier laetitia a écrit:

    nous partons en Norvège dans 15 jours et votre récit nous a bien aidés a réglé quelques question. les photos sont superbes et nous avons hâte d’y être .nous nous visitons la régions des fjords de Bergen a Alesund . Par contre pas trouvé votre récit sur Alesund .encore merci

    • AuBoutDeLaRoute a écrit:

      Je suis contente d’avoir pu vous aider dans la préparation de votre voyage ! N’hésitez pas à nous contacter si vous avez d’autres questions. Pour le récit sur Alesund, malheureusement j’ai pris du retard dans la rédaction des articles et je ne l’ai pas encore publié… :-\ En tout cas, bon voyage !

Laissez-nous un commentaire