Reykjavík

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Jour 15, Reykjavík et ses musées

15 Septembre 2013

Dernière matinée en Islande. Petit-déjeuner sucré-salé en buffet au guesthouse Frumskogar. Il n’est pas mal mais ça manque de plats préparés maison. En route pour la capitale, Reykjavík. Il n’avait pas été possible d’en profiter pleinement le premier jour et il est temps de rattraper le retard ! Conduire dans une ville inconnue peu paraître stressant et compliqué mais il y a peu de monde ce jour-là et c’est plutôt bien indiqué. Il fait beau mais un vent violent chasse les quelques nuages qui apparaissent.

Au programme : le Musée des Sagas, le Musée National, une petite promenade dans le centre de Reykjavík avant de terminer la soirée au Blue Lagoon afin de se détendre en vue du long retour en France qui nous attend… Il est préférable de commencer un voyage par la capitale et la visite des musées, afin de s’imprégner de l’histoire et de la culture du pays mais là, pour des questions de timing avec le retour qui se fait en pleine nuit, il était préférable de terminer le séjour par Reykjavík…

Melkorka, une captive celtiqueLeifur le chanceux

Premier arrêt pour commencer au Perlan , un château d’eau niché en haut de la colline d’Öskjuhlíð, transformé en bâtiment d’art moderne et abritant notamment le Musée des Sagas. Depuis avril 2014, le musée a été transféré dans un autre bâtiment du centre-ville, prés du port. Le Musée des Sagas permet de comprendre l’histoire des premiers colons Vikings qui s’installèrent en Islande grâce à des mises en scènes avec des statues de cire. L’audio-guide (en français) est gratuit et complète les écriteaux en anglais en racontant de manière romancée la vie de ces héros qui ont marqué l’histoire. La visite est très ludique, intéressante et ravira beaucoup les enfants. Le billet d’entrée est plutôt cher (environ 12,50€ à l’époque) mais étant donné le peu d’activités payantes réalisées, on peut se le permettre.

La visite s’apparente à un voyage dans le temps où le visiteur vit de manière chronologique les événements clés de l’histoire islandaise, depuis la colonisation à l’emprise Danoise au 16e siècle. Même si l’Islande était déjà connue des moines irlandais au 8e siècle, la découverte et la colonisation de l’île fut le fait des Vikings. Les premiers explorateurs Scandinaves (850-860) ont respectivement donné au pays le nom de Snaeland « Pays des Neiges », Garðar-holm « îlot de Garðar » et Island « Pays de Glace ».

On suit les premiers colons, arrivés en 874 de Norvège. Comme le voyage était long et comportait de nombreuses escales, le pays se peupla d’un mélange de Scandinaves (80% des hommes) et de Celtes (en majorité des femmes captives). En 930, la première République islandaise est née : à Þingvellir est fondé l’Alþing, le plus vieux parlement du monde. En l’An 1000, l’assemblée nationale est divisée en deux factions : païens et chrétiens. Mais, un décret est signé et l’Islande se convertit au Christianisme en douceur. La visite se poursuit et on suit les exploits des navigateurs Scandinaves, comme Leifur le chanceux, partit à la recherche du Groënland pour convertir le peuple au Christianisme mais qui se retrouva perdu sur une terre inconnue qu’il baptisa Vinland, qui n’est autre que la région de Terre-Neuve au Canada.

Enfin, la visite se termine sur de sombres périodes : avec l’âge des Sturlunga qui annonce une période de guerre civile, puis la dissolution du gouvernement et la domination du Royaume du Danemark en 1397. Il faudra à l’Islande sept siècles pour retrouver son indépendance ! De plus, les éruptions dévastatrices de l’Hekla au 14e siècle et la peste noire au 15e siècle finirent par appauvrir et décimer la moitié de la population de l’île…

Sturla Sighvatsson Gissur Þorvaldsson
Vue sur Reykjavík depuis le Perlan
Dôme de verre du Perlan L'Hallgrimskirkja depuis le Perlan

Après la visite du musée, une petite balade dans le Perlan s’impose, direction la terrasse, au quatrième étage, qui dispose d’un panorama à 360°C sur la ville. Le ciel est chargé de gros cumulonimbus qui donnent du relief au paysage. La vue vers le centre-ville de Reykjavík est magnifique : les toits colorés, l’Hallgrimskirkja dominant l’océan et les montagnes enneigées au loin qui captent les nuages… Coiffé d’un dôme de verre, scintillant sous les rayons du soleil, et entouré de six citernes d’eau chaude d’origine géothermique, le bâtiment du Perlan est très moderne.

À l’origine, le Perlan  était un grand château d’eau qui fournissait et stockait 4 millions de litres d’eau chaude à 85°C pour la ville. En 1991, les réservoirs furent rénovés (le musée des Sagas avait été placé dans une des cuves ouvertes) et le dôme en verre fut crée. Aujourd’hui, il sert de lieu d’exposition et de concert, dispose de plusieurs boutiques souvenirs, d’un restaurant gastronomique tournant au dernier étage et d’une terrasse panoramique.

La journée se poursuit par la visite du  Musée National , afin d’en apprendre un peu plus sur l’histoire du pays. Comme tout musée national, il est très vaste et les curieux (comme nous) y passeront bien une demi-journée !

Le Musée National  est divisé en sept périodes correspondant aux grandes phases de l’histoire islandaise et couvrant les débuts de la colonisation en 800 jusqu’à l’ère moderne. Environ 2000 objets sont exposés et replacés dans leur contexte. Des reconstitutions, des photographies, des panneaux détaillés et des vidéos, tous deux en Anglais, rendent la visite très compréhensible et ludique. Pour chaque période, un objet clé est mis en évidence. Les événements marquants, les grandes découvertes mais également les activités traditionnelles (art et artisanat, culture et langue, habitat et peuplement, travail et niveau de vie) sont présentés.

La collection du musée est impressionnante, comme la porte de Valþjófsstaður ou la grande corne à boire sculptée… Beaucoup d’églises médiévales islandaises étaient ornées de portes sculptées mais celle-ci est la seule encore existante à avoir été utilisée jusqu’en 1851. Les sculptures représentent le conte médiéval, « Yvain ou le Chevalier au lion » de Chrétien de Troyes. Quant à la corne, celle-ci est une des rares à avoir survécu, parmi les œuvres artisanales des 17e et 18e siècles. Les sculptures représentent des scènes bibliques de l’Ancien et Nouveau Testament. Et ne manquez pas le drapeau bleu à croix blanche, symbolisant le désir d’émancipation du peuple islandais (la croix signifiant les glaciers sur fond de ciel et mer bleus), qui hissait ce drapeau en toute impunité. En 1915, le Royaume du Danemark autorisa l’Islande a avoir son propre drapeau : une croix rouge, symbolisant le feu volcanique, vint toutefois s’insérer au milieu de la croix blanche.

Entre les deux étages, nous marquons une petite pause au café du musée. Les plats sont corrects mais un peu chers, le thé est toutefois excellent. Au menu : salade-tarte, thé et gâteau. Dans cet espace plutôt dédié aux en-cas, on se retrouve vite à cours de place sur la petite table ronde de café et on est obligé de jongler entre les assiettes…

Bateau de pêche traditionnelSculptures de la porte de Valþjófsstaður Corne à boire
HallgrimskirkjaMaison de tôle

À 17h, on est mis dehors par le musée qui ferme ses portes. Il est trop tard pour monter en haut de l’église Hallgrimskirkja et pour la Maison de la Culture, qui retrace l’histoire des Sagas… La journée n’est toutefois pas finie et un petit crochet dans le centre-ville permet de se dégourdir les jambes. Parking au pied de l’Hallgrimskirkja  : de jour, cette église, symbole de Reykjavík, est encore plus impressionnante. Sa forme particulière imitant à sa base les orgues basaltiques rappelle les multiples cascades du pays. Construite à partir de 1946 uniquement sur la base des dons de paroissiens, son chantier prit du retard et elle ouvra progressivement entre 1974 à 1986.

Direction ensuite le lac Tjörnin , à travers les rues colorées s’étendant sur la colline entre l’église et le lac. Les maisons couvertes de tôle ondulée aux couleurs variées se succèdent et égayent agréablement ce paysage urbain. Mais, un vent violent et glacial parcourt les rues et ne rend pas la promenade vraiment plaisante… L’église Frikirkjan borde la rive Est du lac. Celui-ci est balayé par le vent qui crée de petites vagues à sa surface, tandis qu’une nuée d’oiseaux couvre un petit îlot au milieu du lac. Des canards et des cygnes se pressent également prés de la rive en attendant d’être nourris.

Le lac Tjörnin et l'Hôtel de Ville

Le centre historique de Reykjavík s’étend du lac Tjörnin jusqu’au port, mais il est déjà tard et les lieux touristiques sont fermés, nous n’aurons pas le loisir de le visiter. Un court passage à l’Hôtel de Ville , un bâtiment résolument moderne, mélange de béton et de verre donnant sur le lac, où un mur végétal côtoie une cascade artificielle, permet de voir la grande carte en relief de l’Islande. C’est l’occasion de retracer notre parcours, en 15 jours nous aurons réalisé le tour de l’île, en écartant quelques régions (pour un prochain voyage!?) et parcouru 2750 km…

La visite de Reykjavík touche à sa fin, il est temps de partir si l’on souhaite pouvoir profiter du Blue Lagoon  avant de prendre l’avion. Le départ de Keflavík  avec la compagnie aérienne Icelandair est prévu à 1h du matin. Cela peut paraître difficile de terminer un voyage par un vol de nuit (et ça l’est !) mais il y a aussi des avantages : une nuit en moins à payer en Islande et comme l’arrivée à Paris Charles de Gaulle est prévue à 6h20 cela laisse aussi largement le temps de rentrer chez soi (sans avoir à payer une nuit supplémentaire pour les provinciaux). Le trajet jusqu’au Blue Lagoon se fait dans un silence pesant. Il est difficile de se dire qu’il s’agit de notre dernière journée et que l’heure du départ approche à grands pas.

Cygnes et canards sur le lac TjorninMaison de tôle
Blue Lagoon de nuit

Terminer le voyage par le Blue Lagoon peut être une bonne solution pour ceux qui prennent le vol de nuit pour Paris : il ferme à 20h en basse saison et à 22h de Juin à Août. Arrivés à 19h, nous connaissons les lieux puisqu’il s’agissait également de notre premier arrêt le jour de l’arrivée, et il n’y a pas la queue ! 19h15, nous sommes dans l’eau pour profiter un maximum. Le vent violent et froid rend toutefois la baignade moins agréable que la dernière fois. Circuit classique : bain, masque, steam-bath, bière et sauna. Quel régal ! Une expérience unique dans un lieu magique…

Pour le dernier repas en Islande on souhaite se faire plaisir : le restaurant du Blue Lagoon , le Lava Restaurant, paraît une bonne alternative. Il ne faut toutefois pas arriver trop tard. 20h20 : le serveur hésite à nous installer puis accepte tout en nous pressant de commander (mais une fois la commande passée, on pourra manger à notre rythme). Les prix sont chers mais ça vaut vraiment le coup, les plats sont délicieux, ainsi que le pain et les apéritifs. Dehors, il fait nuit et les lumières illuminent le Blue

Lagoon. Il est temps d’aller à l’aéroport de Keflavík et de rendre notre cher Land Cruiser. Blue Car Rental retiendra 100€ de franchise pour changer le pare-brise à cause de l’impact que nous avions eu sur la route après Vík í Mýrdal. Le trajet du retour est long. Dormir (ou plutôt somnoler dans les transports) ne permet pas d’avoir un sommeil réparateur… Le voyage est fini mais il était vraiment merveilleux, dépaysant à souhait, nous repartons avec des souvenirs plein la tête…

A propos de AuBoutDeLaRoute

Sophie, blogueuse voyage depuis 2013. Aime écrire et partager ses expériences, ses rencontres et ses coups de cœur. Privilégie les voyages nature et découverte, mêlant randonnée et autres sports outdoor, patrimoine et visite culturelle. Passionnée d'histoire et d'archéologie et accro aux pays nordiques et celtiques.
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